Le Nobel consacre l’organocatalyse, une chimie plus verte

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Les membres du Comité Nobel de Chimie de l’Académie des Sciences, Pernilla Wittung Stafshede, Goran K Hansson, et Peter Somfai lors de la conférence de presse pour désigner les lauréats de l’année 2021
Photo : Jonathan NACKSTRAND / AFP

Le prix Nobel de chimie a sacré mercredi l’Allemand Benjamin List et David MacMillan, un chercheur Ecossais basé aux Etats-Unis, pour avoir inventé une nouvelle façon de fabriquer des molécules, notamment dans le domaine pharmaceutique, à moindre coût et de façon plus propre. Les deux chercheurs, tous deux âgés de 53 ans, ont été récompensés pour avoir mis au point en 2000 la catalyse asymétrique (ou organocatalyse). Un nouveau type de catalyseurs qui s’est développé depuis lors « à une vitesse prodigieuse » similaire à une « ruée vers l’or », a expliqué le jury Nobel.

Les chercheurs ont longtemps cru qu’il n’y avait, en principe, que deux types de catalyseurs disponibles : les métaux et les enzymes. Chacun de leur côté et indépendamment l’un de l’autre, List, – basé dans la Ruhr en Allemagne – et MacMillan – né en Écosse mais basé aux Etats-Unis – ont mis au point une troisième façon, en utilisant « de petites molécules organiques » comme la proline et continuent à être à l’avant-garde dans ce domaine, a souligné le jury Nobel. Contrairement aux métaux et aux enzymes, la proline est un outil aux propriétés inouïes pour les chimistes : c’est une molécule très simple, bon marché et respectueuse de l’environnement.

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Les catalyseurs — des substances qui contrôlent et accélèrent les réactions chimiques, sans pour autant faire partie du produit final — sont des outils fondamentaux pour les chimistes. Grâce à cet « organocatalyse », les chercheurs en pharmacie peuvent désormais fabriquer différentes molécules en grands volumes et de manière relativement simple : par exemple, au lieu de les isoler en petites quantités à partir de plantes rares, ils peuvent les fabriquer artificiellement.

Chaque année, le Nobel donne lieu à de nombreuses spéculations même si le secret est soigneusement entretenu par les comités Nobel, qui ne dévoilent aucune des nominations. Parmi les spéculations pour cette année, on trouvait : les percées du séquençage de l’ADN, les nano-cristaux, la « chimie-click », les prouesses que permettent les super-matériaux appelés réseaux métallo-organiques (MOF) ou encore les pionniers des vaccins à ARN messager contre la COVID-19.

L’année dernière, le prix de chimie avait été attribué à la Française Emmanuelle Charpentier et à l’Américaine Jennifer Doudna, deux généticiennes qui avaient mis au point des « ciseaux » capables de modifier les gènes humains, une percée révolutionnaire.

La saison des Nobel se poursuit avec ses deux grands moments : la littérature jeudi à Stockholm, puis la paix vendredi à Oslo. La médecine avait ouvert le bal lundi en sacrant les Américains David Julius et Ardem Patapoutian, dont les travaux sur le toucher et les récepteurs nerveux ont ouvert la voie pour combattre les douleurs chroniques. Le Nobel de physique a sacré mardi deux vieux experts du réchauffement, l’Américano-Japonais Syukuro Manabe et l’Allemand Klaus Hasselmann, ainsi que l’Italien Giorgio Parisi, théoricien italien des phénomènes désordonnés – en considérant le réchauffement planétaire, on peut dire que la météorologie en fait partie. Le plus récent prix d’économie va clôturer lundi la saison de la reconnaissance des travaux et des engagements qui marquent autant les avancées dans le domaine des sciences que dans celui des arts et de la paix.

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