Air Mauritius : Le paille-en queue n’est plus qu’un poussin dans la grande basse-cour de Mr. K

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Bon, résumons !

Les réunions tant attendues pour décider du sort de notre transporteur national ont finalement eu lieu le 28 septembre dernier. Les administrateurs nommés ont « négocié » avec succès leur DOCA avec les principaux créanciers. En échange de l’acceptation, le gouvernement a déboursé quelque 10 milliards de roupies de fonds publics + quelque 2,5 milliards de roupies dans le fonds de roulement de la nouvelle structure : la fameuse Airport Holdings Ltd. – qui comprend, pour rappel, MK, AML, ATOL et le MDFP.

Le PDG a déjà été identifié : celui qu’on appelle désormais Mr. K.  (qui était, jusqu’à tout récemment, le conseiller spécial au PMO – et qui, aujourd’hui, devra être conseillé à son tour…  C’est ce qu’on appelle un ‘comique de situation’). Cela dit, personne ne peut diriger sans avoir des conseillers car il s’agit juste de compétences, de recul. Après, personne ne peut avoir toutes les compétences du monde par science infuse et prétendre pouvoir décider de tout sans l’avis de quiconque et surtout contre l’avis de tous. C’est impossible, et c’est même dangereux d’abord pour sa propre vision ; ensuite à cause des conséquences des décisions prises sans l’avis de compétences diverses acquises à votre projet…

Bon, après nou tou koné, le résultat était malheureusement inévitable ; un transporteur déjà sous la contrainte financière au cours de l’année précédant le Covid, principalement en raison d’une expansion malavisée de la flotte, envoyé au casse-pipe au cours d’une pandémie qui a durement frappé le secteur de l’aérien commercial, une flotte réduite voire vendue à des prix dérisoires pour ne pas dire pire… On connait la suite : des centaines d’employés durement touchés par les incertitudes, les congés et les licenciements purs et simples au cours des 18 derniers mois. De toute évidence, il n’aurait pas surchargé les coûts du gouvernement d’offrir au personnel surnuméraire des conditions de sortie plus dignes.

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Je vais passer sur les nombreuses controverses concernant la longue période pendant laquelle les administrateurs ont présenté leur proposition, le traitement de la dimension humaine, leur niveau exorbitant d’honoraires tant personnels que professionnels, le manque d’analyse des conditions conduisant à la contrainte financière de MK et la nouvelle structure de conglomérat sous laquelle MK commencera son nouveau cours… Bien que ces aspects et d’autres alimenteront beaucoup de commentaires, il serait bon de savoir :

  1. Quelles leçons ont été tirées du passé ? L’ingérence politique, dans ce qui aurait dû être une bonne gestion et des décisions hautement techniques, a été une caractéristique de l’histoire de MK. Les destinations, les corridors, l’expansion de la flotte, le recrutement et la promotion du personnel, la sélection du conseil d’administration et du PDG, entre autres facteurs, ont pesé lourd dans le passé. L’avenir de MK sera-t-il le même ?
  2. Quels sont les (vrais) plans et les scénarii de repli avec la flotte « redimensionnée » restante (4 Airbus gros-porteurs long-courriers et 3 ATR pour les vols régionaux) ? De nombreuses suggestions, somme toute précieuses, ont été formulées par des professionnels expérimentés, y compris d’anciens PDG et même l’ancien ministre des Finances, Rama Sithanen ; aussi, nous espérons que les autorités ne seront pas opposées à la tenue de consultations avec tous ces Mauriciens compétents tout en peaufinant les plans de redémarrage sous l’égide du FAMEUX ‘Airport Holdings Ltd’.
  3. que nous réserve l’avenir dans le cadre de cette nouvelle mégastructure et de sa gestion ? Il y a peut-être des raisons d’ajouter les filiales captives et rentables au conglomérat Holdings, mais risquons-nous d’ajouter une autre couche administrative et de gestion au-dessus de MK qui pourrait certainement avoir des effets dévastateurs ?
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Nous ne pouvons que nous demander si un spécialiste international de l’industrie aéronautique de haut calibre ou un ancien PDG de MK accepterait une structure de décision et de rapport qui semble conçue pour faire d’eux un peu plus que de simples exécutants de décisions commerciales, de recrutement et de politique de flotte prises ailleurs ou dans les sphères plus élevées.

Bien que la question ne soit pas personnelle, je persiste à croire que MK, et encore moins le gouvernement n’ont le temps, la latitude ou le luxe pour la formation en cours d’emploi d’un super-PDG, et qu’on ne peut pas demander à la population d’attendre des années pour obtenir des résultats.

Jean Fav


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