Meurtre de deux experts de l’ONU en RDC : le journaliste Sosthène Kambidi reste en prison

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L’avocat Prosper Kamalu, le fonctionnaire Roger Bushabu et le vidéaste Israël Ntumba également détenus

Détention prolongée pour Sosthène Kambidi, correspondant de l’AFP et fixeur de RFI

A l’audience devant le tribunal militaire de Kananga, le vidéaste Israël Ntumba, l’avocat Prosper Kamalu et Roger Bushabu, un fonctionnaire habitant de la localité de Bunkonde où avaient été tués deux experts des droits humains des Nations unies en mars 2017, ont reconnu avoir été en possession de la vidéo de leur exécution avant le journaliste congolais Sosthène Kambidi. Sosthène Kambidi reste toutefois en détention, malgré les protestations de son avocat, Me Dominique Kambala.

Qui des quatre témoins actuellement détenus avait été le premier en possession d’une vidéo du meurtre des experts onusiens, un mois après les faits ? Ce qui est sûr, à l’issue de l’audience de mardi 5 octobre, c’est qu’il ne s’agit pas de Sosthène Kambidi. Alors que les trois autres protagonistes, Israël Ntumba, journaliste lui-aussi, Me Prosper Kamalu, avocat, et Roger Boshabu, fonctionnaire, se renvoient la balle sur le sujet, ils ont exonéré le journaliste Sosthène Kambidi.

Correspondant au Kasaï central de l’AFP et du site congolais d’information Actualite.cd, Sosthène Kambidi, également collaborateur occasionnel de RFI, a été arrêté le 20 septembre à Kinshasa, puis transféré à Kananga, chef-lieu de la province.

Depuis l’arrestation de Sosthène Kambidi, la justice militaire cherche à savoir comment ce journaliste est entré en possession de cette vidéo. Au procès la semaine dernière, il a indiqué l’avoir obtenue le 16 avril 2017 auprès de Prosper Kamalu. Celui-ci a précisé mardi avoir trouvé Roger Bushabu et Israël Ntumba le 15 avril en train de regarder une vidéo où on tirait sur un homme blanc et où on décapitait une femme, précisant que c’est le vidéaste qui la lui avait transmise, selon la même source.

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La Suédoise Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp, deux experts des violations des droits de l’Homme, ont été exécutés le 12 mars 2017 après avoir été attirés dans un guet-apens

Ils auraient évoqué pour la première fois la vidéo un samedi soir à l’église qu’ils fréquentent et n’auraient partagé le document que le lendemain avec Sosthène Kambidi, fidèle du même lieu de culte. M. Kamalu a reconnu avoir montré la vidéo le dimanche 16 avril à Sosthène Kambidi, qui leur a conseillé d’alerter les autorités, se chargeant de téléphoner au gouverneur intérimaire du Kasaï central de cette époque.

C’est au procureur de décider si les précisions apportées permettront leur remise en liberté. Ils avaient dans un premier temps été inculpés de « terrorisme » et d’« association de malfaiteurs » avant d’être reclassé comme « renseignants » dans cette affaire. Les avocats espéraient obtenir la libération des quatre hommes dès mardi, mais une nouvelle audience a été fixée au jeudi 7 octobre. En attendant, tous restent en prison.

Selon la version officielle des autorités de l’époque, les deux experts, Michael Sharp, de nationalité américaine, et la Suédoise Zaida Catalan, ont été exécutés le 12 mars 2017 par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu, alors en guerre contre l’armée régulière. Ce crime est aussi entouré de soupçons de duplicité de la part d’agents de l’État et un cover-up de la part des autorités onusiennes.


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