Coronavirus : La variant indien plus contagieux et résistant aux vaccins, selon la scientifique en chef de l’OMS

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Le variant indien du coronavirus est plus contagieux et semble résister aux vaccins, contribuant à la flambée galopante de l’épidémie en Inde, a averti samedi – 8 mai 2021 – la scientifique en chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Soumya Swaminathan. « Plus le virus se réplique, se diffuse et se transmet, plus le risque de mutations et d’adaptation augmente », a souligné la scientifique. Et l’ampleur de l’épidémie en Inde augmente le risque d’apparition de nouveaux variants encore plus dangereux.

Dans un entretien à l’AFP, Soumya Swaminathanan, une pédiatre indienne et chercheuse, a déclaré que le variant B.1.617, détecté pour la première fois en Inde en octobre 2020, était indiscutablement un facteur d’accélération de l’épidémie échappant à tout contrôle dans le pays. Le variant B.1.617 « présente des mutations qui augmentent les transmissions, et qui peuvent aussi potentiellement le rendre résistant aux anticorps qui se sont développés grâce à la vaccination ou à une contamination naturelle », a-t-elle expliqué.

« Les variants qui accumulent un grand nombre de mutations peuvent finalement devenir résistants aux vaccins dont nous disposons actuellement […] Ce sera un problème pour le monde entier », souligne Soumya Swaminathan. La scientifique estime qu’en raison de sa plus grande contagiosité, sa capacité à surmonter les défenses que procure la vaccination et le taux de mortalité des patients atteints, l’OMS pourrait classer ce variant dans la liste des variants considérés comme plus dangereux que la version originelle du virus.

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Dans un vaste pays comme l’Inde, les contaminations peuvent se poursuivre sans faire de bruit pendant des mois. « Ces premiers signes n’ont pas été détectés jusqu’à ce que (les transmissions) aient atteint un point où le décollage a été vertical ».

La vaccination insuffisante pour reprendre le contrôle en Inde

Soumya Swaminathan avertit, cependant, que la vaccination seulement ne serait pas suffisante pour reprendre le contrôle de la situation. Même si l’Inde est le plus grand producteur mondial de vaccins, elle n’a jusqu’à présent administré deux doses qu’à 2% de sa population de 1,3 milliard d’habitants. « Cela va prendre des mois, si ce n’est des années, pour atteindre un taux de 70 à 80 % de la population immunisée », selon la chercheuse. Il est donc très difficile, pour le moment, de lutter contre le virus « car l’épidémie concerne des milliers de personnes et il se multiplie à une vitesse qu’il est très difficile d’enrayer », indique-t-elle.

Dans un avenir proche, il faudra compter sur les mesures sociales et sanitaires déjà testées et éprouvées pour juguler l’épidémie, a-t-elle prévenu. Toutefois, même si l’Inde semble avoir baissé la garde trop tôt, avec de « grands rassemblements de masse », le variant seul ne peut pas être incriminé pour la hausse spectaculaire de cas, relève la chercheuse. Depuis samedi, l’Inde enregistre quotidiennement 4 000 décès dus au Covid-19 et plus de 400.000 nouvelles contaminations. On notera que les experts estiment que les chiffres officiels sont largement sous-évalués.

Même si de nombreuses compagnies d’aviation africaines arrêtent temporairement les vols sur l’Inde, Air Mauritius maintient toujours ses opérations sur la Grande Péninsule, avec des changements au protocole sanitaire qui demeurent encore bien approximatifs.

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