Patrick Belcourt s’oppose aux arrangements pré-électoraux des partis politiques

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Patrick Belcourt, le Leader d' »En Avant, Moris! », s’en prend aux partis qui s’adonnent aux arrangements pré-électoraux.

Patrick Belcourt, le leader de la formation « En avant, Moris ! » qui se positionne pour les élections municipales à Beau-Bassin/Rose-Hill, est venu condamner les arrangements pré-électoraux qui, affirme-t-il dans un billet publié dans la page Forum du journal Le Mauricien, pervertissent le processus démocratique et « permettent aux partis traditionnels de se maintenir au parlement. Et de la même manière, les conseils municipaux ainsi que les conseils de districts sont pris en otage par ces partis ».

La déclaration de Belcourt, qu’il intitule lui-même « Tout n’est pas possible en politique », marque une rupture d’avec la pratique des partis dits « traditionnels » qui ont toujours convenu de leurs arrangements pré-électoraux – principalement des répartitions des investitures sur des bases ethno-castéistes – engageant ainsi les électeurs dans un choix entre les grands blocs qu’ils ont constitué et qui s’affrontent alors en injectant des moyens financiers colossaux et en infraction flagrante des limitations légales. Cette pratique, qui a fini par devenir une norme à Maurice, n’a jamais été aussi clairement dénoncée par un responsable politique qui ne se réclame pas de la gauche.

« Il faut bien comprendre ce qui est mauvais dans ces arrangements pré-électoraux. Le vice réside justement dans la démarche essentiellement électoraliste où les formations politiques se procurent quelques personnes connues et en font leurs vedettes de campagne. Ceux-ci, trop contents d’être des têtes d’affiche, sont réduits ensuite à n’être que des marionnettes dont les fils sont tirés par des lieutenants de leaders engagés dans un rapport de forces permanent. C’est ainsi que les partis procèdent au viol de la démocratie », écrit Patrick Belcourt.

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Que préconise Belcourt à la place de ces arrangements pré-électoraux ? Il estime que des arrangements sont envisageables seulement après que l’électorat ait exercé son droit de vote. Les élus ainsi désignés ont alors l’obligation de faire des arrangements pour constituer une majorité en vue de gouverner. Ces arrangements devraient alors se faire sur la base des éléments compatibles des programmes respectifs des candidats ou de leurs formations.

La primauté de la volonté populaire

Pour le leader de cette nouvelle formation politique, « les arrangements post-électoraux montrent la primauté de la volonté populaire, tandis que les alliances pré-électorales ne représentent que la volonté de quelques leaders et influenceurs d’imposer leurs combines électoralistes pour faire émerger des candidats selon des profils et des motifs non-avouables ».

Ce discours, sans ambiguïté aucune, est encore plus surprenant quand on réalise qu’il vient prendre à contrepied une proposition d’une formation de l’opposition extra-parlementaire, notamment de « 100% Citoyens », une formation animée par Dev Sunnassy et José Moirt. « On ne peut prétendre faire de la politique autrement et s’engager dans les mêmes pratiques et les mêmes arrangements que les partis traditionnels », déclare Belcourt. Il estime que que « l’on ne peut cautionner pour les partis émergents les mêmes pratiques que l’on condamne pour les partis traditionnels. Nous avons l’obligation d’être cohérents quand on s’engage en politique ».

La position de rupture de Belcourt, aussi capitale qu’elle soit par rapport à la norme érigée par les partis politiques depuis l’accession du pays à l’indépendance, risque cependant de passer à la trappe. Car, quand bien même qu’il soit un homme politique d’un genre nouveau, la presse mauricienne a pris de ces travers comme celui d’ignorer une information majeure qu’un confrère aurait publié en primeur ou qui aurait paru dans un autre titre de presse. Le code de déontologie prévoit que l’on cite le confrère qui a publié une nouvelle en primeur, les journalistes de la presse généraliste se dispensent de traiter de la nouvelle pour ne pas avoir à se plier à cette exigence. Après la politique, on ne peut que souhaiter que des journalistes puissent dire à leur tour, que… tout n’est pas possible dans la presse !

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