Bruneau Laurette : « Il y a des perceptions qui sont loin de la réalité »

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« Navin Unoop et moi sommes des amis d’enfance »

C’est aujourd’hui que Bruneau Laurette va retrouver ses camarades de Linion Pep Morisien (LPM) qui l’attendent avec de nombreuses questions, voire même des réponses toutes faites. Depuis ses réponses à nos questions vendredi dernier (29 juillet 2022), nous pouvons constater que son discours n’a pas changé : il est membre de Linion Pep Morisien (LPM), ce parti qui, comme il le dit, regroupe « quatre formations, et donc quatre modes de fonctionnement ». S’il ne confirmait pas nos informations au sujet de dissenssions au sein du LPM, en revanche, il n’esquivait pas le fait qu’il y avait des craintes que certains de ses camarades entretiennent à son sujet sans toutefois les exprimer.

Confronté au fait qu’il était hors du coup pour la rencontre qui avait eu lieu à Rose-Hill la semaine dernière, Bruneau Laurette expliquait que le LPM fonctionne « de manière collégiale, mais chacun garde son autonomie et sa force de frappe individuelle ». En outre, dit-il, il avait pris un congé de deux semaines jusqu’au 7 août pour « raisons professionnelles ».

Ces « raisons professionnelles », très clairement, relèvent de la protection rapprochée accordée à Sherry Singh dans le sillage de la démission de celui-ci de la direction de Mauritius Telecom (MT). Mais, la raison de la discorde pourrait bien être Sherry Singh qui, selon nos informations, ne serait pas vu d’un très bon oeil par Dev Sunnassy. Si Bruneau Laurette dit ne pas pouvoir l’affirmer, il déclare cependant être « au courant de quelques frayeurs » au sujet de l’ancien DG de MT. Ces craintes, dit-il, « ne sont pas à l’ordre du jour » et il est possible, selon lui, qu’il y ait des « perceptions qui sont loin de la réalité ». Mais, fait-il remarquer, « on ne m’en a jamais fait part ouvertement, et je n’ai pas eu à m’exprimer dessus ».

Puisque nous le questionnons justement au sujet de Sherry Singh, Bruneau Laurette déclare : « Je ne suis pas en mesure de dire s’il compte faire de la politique. A ce jour, il ne m’en a pas parlé et je ne peux dire s’il va s’engager en politique, ou s’il va se joindre à un parti ». Et puisque tel n’est pas le cas, il ajoute : « Je ne me pose pas la question de savoir si Sherry Singh va faire de la politique ou pas. Il fait ses révélations et cela relève de l’intérêt national. Pour moi c’est ce qui compte. Il y a peut-être des gens qui se font un film dans leur tête, mais je ne fonctionne pas comme ça ».

Laurette affirme ne pas prendre ombrage du fait que les responsables des quatre formations puissent entreprendre des actions de manière autonome. « Quand j’ai lancé l’appel pour la manifestation le 7 août, je l’ai fait tout seul, comme je l’avais fait auparavant. J’ai mon fonctionnement individuel et spontané. Je n’ai pas attendu d’avoir une formation politique pour agir. Donc, quand les autres font des choses de leur côté, cela ne me gêne pas ».

Même s’il ne commente pas tout ce qui peut paraître contradictoire dans l’attitude de certains dirigeants du LPM, Bruneau Laurette répond à notre question au sujet de l’attaque d’Ivor Tan Yan à l’encontre de Patrick Belcourt dans une vidéo postée sur Facebook. Pour rappel, ce dirigeant de LPM reprochait au leader d’En Avant Moris de n’avoir pas rejoint le LPM. Ce dernier nous a d’ailleurs renvoyé à sa déclaration antérieure lorsqu’il avait fait acte de présence à la création de ce parti : « Je l’ai dit publiquement ce jour-là que je me réjouissais de la diversité des expressions politiques. Il faut aussi se rappeler de ce que j’ai écrit dans Le Mauricien, notamment que je ne suis pas favorable aux arrangements pré-électorales entre partis et que je préfère les accords après les élections pour la constitution d’un gouvernement. C’est plus conforme à la Constitution de Maurice ». Pour Bruneau Laurette, cette attaque de Tan Yan était « une action isolée ». D’ailleurs, confie-t-il, « je déjeunais avec Patrick Belcourt le lendemain ».

Mais les choses pourraient ne pas être aussi simples que le présente Bruneau Laurette. Il en a bien conscience. Et on pourrait même trouver qu’il envisage l’éventualité d’une issue défavorable lors de ses retrouvailles avec les autres dirigeants du LPM, Notamment lorsqu’il nous dit : « Je comprends les besoins de la politique, mais moi, ce n’est pas vraiment le pouvoir qui m’intéresse. Je veux faire bouger les choses pour que cela aille mieux dans le pays ». Paroles prémonitoires ?


Quand Bruneau Laurette rencontre Navin Unoop : « Je peux comprendre que cela effraie le gouvernement »

Interrogé au sujet de sa rencontre avec Navin Unoop, (voir ci-contre dans la photo de L’Express) un des dirigeants de la Voice of Hindu (VOH), qui était au domicile de Sherry Singh au lendemain de sa démission de la direction de Mauritius Telecom (MT), Bruneau Laurette explique que le dirigeant nationaliste hindou est un de ses amis d’enfance. « Nou ti al lékol Louis Nellan ansam », nous dit-il.

« Dan La Source, tou dimounn koné nou ti pé zwé ansam kan nou ti zanfan », explique Bruneau Laurette. Mais voilà, cela fait longtemps qu’ils ne sont plus des gamins et le discours sectaire de la VOH n’est pas nécessairement du goût de ceux qui se reconnaissent dans ce « mauricianisme » que revendique Laurette.

« Je ne m’attendais pas à le rencontrer. Mais quand il est venu sur place, j’ai compris qu’il était venu pour soutenir Sherry Singh lui aussi. Et comme nous nous connaissons depuis longtemps, nous avons discuté », explique Laurette qui invite, encore une fois, à « ne pas se jouer un film dans sa tête » (voir plus haut).

Certes, reconnait-il, il a été critiqué par la VOH par le passé. « Je vois que nous avons un objectif commun aujourd’hui et si cela peut rassurer les gens que j’oeuvre d’abord pour le mauricianisme, tant mieux. Je veux rassembler, mettre ensemble tous ceux qui veulent que ce gouvernement parte. L’objectif pour moi, c’est cela. Et si la VOH considère que c’est une priorité aussi, je peux comprendre que cela effraie le gouvernement. Surtout que le gouvernement m’a diabolisé par le passé en me cataloguant comme anti-hindou », nous dit-il.


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