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A Madagascar, au dernier bilan, les autorités recensaient officiellement 93 personnes contaminées sur son territoire, dont 80 % dans la capitale, mais aucun décès. Mais en réalité, les autorités sont dépassées par la crise sanitaire du Covid-19. C’est ce qui pourrait expliquer les récentes arrestations d’une journaliste et d’une animatrice de télévision pour délit présumé de propagation de fausses nouvelles.
Andry Rajoelina a ordonné, le 22 mars dernier, le confinement de la population des deux principales villes du pays, Antananarivo et Toamasina ainsi que la région d’Analamanga. Il est interdit de circuler, de sortir. Le confinement est total.
Des brigades spéciales patrouillent pour faire respecter le confinement. Les contrevenants sont arrêtés et verbalisés. Seuls les camions acheminant des marchandises circulent sous le contrôle de l’armée. Mais dans ce pays, l’un des plus pauvres de la planète, on trouve un état de chaos dans lequel fleurissent toutes sortes de trafics, à commencer par celui de la chloroquine.
Au fil des jours, on s’aperçoit que la consigne du confinement n’est pas respectée par de nombreux habitants, contraints de travailler pour assurer leur survie quotidienne. Quant à ceux qui ne peuvent plus travailler, ils ont pris la route de l’exode vers la campagne.
Des milliers de familles malgaches se sont, en effet, entassées dans des camions, des taxis-brousse, des bus et des voitures brinquebalantes pour fuir Antananarivo, le dimanche juste avant les annonces présidentielles. La rumeur avait déjà couru dans la population, et même si personne ne savait réellement quelles seraient les décisions, l’annonce du confinement leur paraissait inévitable.
En fonction de l’évolution la propagation du virus, les mesures de confinement pourraient bientôt s’étendre à toute la Grande Île.