Vos enfants iront cracher sur vos tombes !

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Maintenant que les clameurs se sont tus, et que chacun se remet de sa gueule de bois, ou du passage d’un briani ou d’un sandwich quelconque de la glotte à l’estomac, qui osera admettre qu’il aura participé à une farce indigeste le 1er mai ? Quel que soit l’inconfort que cela pourrait provoquer chez ceux qui auront trouvé normal de se rendre à l’un de ces rendez-vous politiques, il importe de rendre compte de cette effarante propension populaire à trouver des vertus chez ces charlatans politiques qui les manipulent sans honte, ni scrupules.
 
Charlatans ; on peut déjà entendre ces quelques-uns qui vont prétendre à l’exagération de notre part. Toutefois, non seulement ça sent l’arnaque à plein nez, mais quand la vermine grouille et déborde, elle se soucie peu d’exposer la débilité profonde de ceux qui nient l’évidence même. Mais venons-en aux faits. Parlons de ce personnel politique qui, bon an, mal an, concurrencent les syndicats le jour de la Fête du Travail et nous verrons bien ensuite si les conduites populaires relèvent ou non d’une psychopathie quelconque.
 
Sur les estrades, quelles que soient les couleurs emblématiques dont celles-ci étaient affublées, un certain nombre de présents et passés députés ou ministres galvanisaient les foules en invectivant leurs adversaires du jour. Il vaut mieux le préciser, car nous sommes encore dans cette phase propice aux amours les plus improbables… Tant et si bien qu’à force de nous présenter ceux d’en face comme des bêtes immondes, nos grands leaders, praticiens du koz-kozé, pourraient tomber sous le coup de l’article 250 du Code Pénal !
 
Quoi qu’il en soit, ces zouaves si prompts à se sacrifier pour la patrie et à vouloir servir le peuple, s’ils encouragent leurs compatriotes à faire du bénévolat, ne le pratiquent pas pour leur engagement politique une fois élus. Au contraire, ils n’ont jamais éprouvé le besoin d’un tant soit peu s’opposer pour le montant de leurs émoluments. Pire, ils estiment même être éligibles à une pension pour peu qu’ils aient servi deux mandats. Et c’est sans doute à partir de là que l’on devrait commencer à s’interroger sur ces contractuels qui, outre d’être grassement rémunérés, s’octroient des pensions dont la pertinence ressemble davantage à une grosse escroquerie qu’elle ne relève du bon sens.
 
Nous devons tous admettre que ceux élus dans le cadre de la Representation of the People Act siègent au Parlement de la République de Maurice pour une ÉCHÉANCE MAXIMALE DE CINQ ANS! Cela équivaut à un Contrat à Durée Déterminée (CDD). A la fin de ce contrat, il est convenu que les électeurs se choisissent à nouveau des représentants. Sauf que ceux qui se retrouvent éventuellement une nouvelle fois au parlement considèrent qu’il y a cumul de leur mandat électif. Est-ce exact ?
 
Il s’agit, en réalité, d’une nouvelle législature issue d’une nouvelle consultation populaire. On notera qu’à chaque exercice, le corps électoral n’est pas le même. L’engagement pris pour la représentation à l’Assemblée nationale n’est que par rapport à cet électorat. Il ne peut donc s’agir, pour ceux qui auraient été plébiscités à nouveau, d’un renouvellement de contrat, puisque le contrat précédent a pris fin avec la législature précédente! Un deuxième mandat n’équivaut donc pas cumul et, par conséquent, la conversation d’un CDD en CDI (Contrat à Durée Indéterminé) serait donc caduque.
 
Qu’à cela ne tienne, pour ce type de ‘scheme’, c’est bien utile d’être un législateur. Car, quand on fait les lois, on peut édicter les règles qui valident ce qui autrement serait usurpé. Et ainsi, il est possible pour nos parlementaires de s’entretenir à partir des caisses de l’Etat en toute légalité, jusqu’à ce qu’ils passent à trépas!

Vos enfants et vos petits-enfants ne sont désormais que des esclaves au service de la dette !

Mais peut-être nous vantera-t-on quelque performance qui pourrait justifier que l’on consente à ce type de traitement pour la retraite des parlementaires. La pratique des parachutes dorés est bien de mise dans le secteur privé… Ah, oui ? Les actionnaires seraient donc disposés à rogner sur leurs dividendes quelle que soit la performance de l’intéressé ? Bien sûr que non !
 
Quand il s’agit des fonds publics, cependant, les mêmes scrupules ne s’appliquent pas. La dette publique mauricienne est de l’ordre de plus de Rs. 318 milliards ! Cela représente 64,8% du Produit intérieur brut (PIB). Qu’il s’agisse de Ramgoolam ou de Jugnauth, quel que soit leur acoquinement ethno-castéiste, il s’agit là d’une dette qui s’est accumulé sur plusieurs décennies ; il n’y a donc pas lieu de chipoter sur les couleurs partisanes.
 
Les dettes, toutefois, il faut bien les rembourser. Même que Ramgoolam a fait le compte et prévient que cela représente Rs. 300 000 pour chaque petit Mauricien à naître. Il n’a pas précisé si son calcul tient compte du taux de natalité en baisse et d’une population vieillissante… Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que vous avez enchainé vos gamins et leurs enfants à une dette contractée par ceux-là même que vous avez maintenu au gouvernement durant ces dernières décennies. Vos enfants et vos petits-enfants ne sont désormais que des esclaves au service de la dette !
 
Vous trouvez le réveil brutal et douloureux ? Accrochez-vous, parce qu’il vous faut encore réaliser que la vermine a l’appétit intarissable. Car, au moment où vos représentants s’octroient des salaires parce que vous estimez qu’ils défendent effectivement les droits des travailleurs face à une oligarchie dopée à la croissance, il s’avère qu’ils ont entretemps, par le biais de leurs organisations partisanes, contracté des obligations auprès de moult contributeurs.
 
N’allons pas spéculer sur la multiplication des maisons de jeux, ce ne doit être qu’un hasard ! N’allons pas penser que le marché de la drogue ait pu être un tant soit peu dopé en confiant la gestion du protocole méthadone à la police. Interdisons-nous toutes ces pensées qui feraient passer nos Premiers ministres et les élus de la République pour des fous, cela les rend furieux ! Contentez-vous de considérer votre endettement personnel et ignorez le mécanisme mafieux qui le produit !
 
Avec ou sans moustache, les dirigeants de nos partis sont on ne peut plus socialisants. Aussi, disposons-nous, à l’instar de nombreuses démocraties, de négociations tripartites pour convenir des dispositions salariales. Les tripartites, c’est une longue tradition puisqu’elle est aujourd’hui centenaire. Il est convenu que l’Etat se pose comme arbitre entre les syndicats et le patronat car, par le passé l’Etat a tellement eu à subir les pressions… du patronat ! Comme si les choses auraient changé…

Le « racket » renvoie bien à l’ordre mafieux qui opère efficacement en observant l’Omerta, la loi du silence. ​

Mais, ceux chargés des affaires de l’Etat sont ceux-là même qui se sont fait élire en usant des fonds de l’oligarchie. Faut-il alors s’étonner des ajustements de misère consentis pour compenser les pertes de pouvoir d’achat, si tant est que les plus pauvres aient pu disposer d’un quelconque pouvoir à ce chapitre ?  Comme il avait beau jeu Roshi Badhain, de faire évoluer Laina Rawat-Burns sur son estrade ! Tellement désireux de se dédouaner de toute responsabilité de la destruction des structures de la BAI et du rapt des biens associés, le maître-démonstrateur du Ponzi fantasmé oubliait que Dawood Rawat avait déjà qualifié de « racket » ce que les patrons des autres conglomérats présentent encore aujourd’hui comme une « contribution à la démocratie ». 

Le « racket » renvoie bien à l’ordre mafieux qui opère efficacement en observant l’Omerta, la loi du silence. La presse généraliste, elle-même désormais sous la coupe de la mafia économique, renvoie la compréhension de la mafia aux seuls délits associés à la drogue. Or, à Calabre ou à Naples, à La Paz comme à Medellin, la drogue n’est qu’un champ d’activité pour la mafia qui en opère bien d’autres grâce à la corruption des ministres, des juges et des fonctionnaires…
 
Ici, dans l’ancienne Isle de France, la dernière fois que l’on régissait le poids des chaînes pour les esclaves, c’était le 13 décembre 1826. La main d’œuvre était servile et les nègres qui la constituaient étaient considérés comme des sous-hommes. Une ordonnance fixait ainsi le poids des chaînes que les maîtres étaient autorisés à faire porter à leurs esclaves, comme punition : les chaînes avec collier n’excèderaient pas 9 livres pour deux esclaves mâles au-dessus de 15 ans enchainés ensemble ; et 6 livres pour un seul esclave portant sa chaine autour du corps ; 8 livres pour les négresses, ou négrillons au dessous de 15 ans, et 5 livres lorsqu’ils seraient attachés seuls. Défense d’attacher un noir et une négresse à la même chaîne. Le sabot ou anneau placé au pied, n’excèderait pas 3 livres pour les noirs adultes ; défense de l’appliquer aux femmes et aux enfants au-dessous de 15 ans.
 
Aujourd’hui, on enchaîne à la dette et au crédit. On n’attend même pas que les gamins aient quinze ans ; on les prend désormais au berceau ! Facile : lorsque le Gouvernement consent aux ajustements de salaires, les montants insignifiants condamnent les travailleurs à la dette et au crédit. Les conglomérats peuvent ainsi faire de la croissance et, comme de bien entendu, perpétuer leur pratique de la « contribution à la démocratie ». Honni soit qui mal y pense !
 
Faute d’avoir su foutre les baffes à la gueule de leurs représentants, les Mauriciens, aussi stupides qu’ils se prennent pour de grands « casseurs de paquets », usent de leurs mains pour les applaudir avec autant de ferveur qu’un Nord-Coréen face aux Kim. Si vous en êtes, ne soyez pas étonnés que demain, vos enfants aillent cracher sur vos tombes !
 
Joël TOUSSAINT


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